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Edito du 18 janvier

« Voici l’Agneau de Dieu ! »

Cette parole de Jean-Baptiste est une réponse à un « très vieux cri » de la Bible, celui d’Isaac, lorsqu’Abraham partit offrir un sacrifice sur la montagne de Dieu (cf. Gn 22).
Isaac s’interroge car l’agneau du sacrifice n’est pas là … et de fait, Abraham, ultimement, n’offrira pas Isaac en sacrifice, mais un bélier, figure de l’offrande de sa propre vie.

Alors, « où est l’Agneau ? » ; où est celui, capable de s’offrir tout entier, dans une confiance totale, pour nous sauver ? La réponse est dans la bouche de Jean-Baptiste désignant Jésus : « Voici l’Agneau de Dieu ! »
Cela fait écho à ce que dit la 2° préface pour les défunts au sujet de Jésus :
« Lui seul, en acceptant la mort, nous arrache à la loi de la mort ; lui seul, en donnant sa vie, nous fait vivre éternellement pour toi. » (Préface 2 des défunts).

Cette figure de Jésus, l’Agneau de Dieu qui consent à donner sa vie, permet d’évoquer une question qui nous traverse souvent : comment distinguer le consentement de la résignation ?

Nos consentements peuvent souvent sembler une résignation quand ils nous invitent à accepter l’épreuve, la souffrance, ce qui advient, car il n’y a pas le choix.
Résignation morbide quand elle nous conduit à nous laisser « couler » dans la mort, dans l’acceptation résignée, dans un consentement « bien obligée », du bout des lèvres, sans qu’aucune vie ne puisse y être donnée … Elle est refus qu’un autre puisse donner sens, puisse donner vie.
Celui qui est résigné gouverne sa vie par et pour lui-même.

Le véritable consentement est d’un tout autre ordre : ce « oui » ne va cesser de chercher un chemin de vie, au cœur de l’épreuve et même de l’absurde, un chemin d’espérance pour en sortir grandi, sans fuir le réel de l’épreuve qui est là, un chemin d’amour là où rien ne semble plus aimable.
Celui qui consent croit en Dieu, accueille la relation avec Lui, sait qu’il a reçu de Lui la vie ; et la recevra encore. Il dit un « non » à la mort absurde.

L’espoir est attente de ce qui peut arriver de bien, souvent déçu ; il vise l’avenir.
L’espérance est « attention » à ce qui se donne ; elle se conjugue au présent et contemple ce qui s’y donne. Vertu théologale, elle attend Dieu de Dieu.

Chers amis paroissiens, suivons Jésus, l’Agneau de Dieu, celui qui consent à donner et à recevoir la vie …

Père Patrice Guerre, curé de Sainte-Anne des Calades
06 80 32 75 74 / p.guerre@lyon.catholique.fr

Feuille paroissiale