Quand Jésus répond à ses interlocuteurs par deux fois : « Si vous ne vous convertissez pas,
vous périrez tous de la même manière », Il veut dire : « Si vous ne vous convertissez pas sans
attendre, vous risquez de mourir sans avoir eu le temps de revenir vers Dieu ; ni de
transformer votre coeur de pierre en coeur tendre et miséricordieux, ouvert à l’Amour de
Dieu et à l’Amour de vos frères. N’attendez pas pour « naître à l’Amour » une heure plus
favorable : l’heure favorable, c’est maintenant. L’Amour n’attend pas. »
« A l’instant même, ils ramenèrent leurs barques au rivage et, quittant tout, ils Le suivirent. »
(Lc 5,11)
« Zachée, il me faut aujourd’hui demeurer chez toi … Et vite il descendit et le reçut avec joie »
(Lc 19,5-6)
A l’instant même, le brillant officier Charles de Foucauld, se mit à genoux, sous l’injonction
de l’Abbé Huvelin, et confessa ses péchés depuis si longtemps accumulés – lui qui n’était
venu pour – seulement – trouver quelqu’un avec qui discuter de religion.
Le médecin SS tortionnaire de Maïté Girtanner, lui demande 40 ans plus tard : « Maintenant
que puis-je faire ? » - « Aimez à chaque minute, à chaque heure de chaque jour, durant le
temps qu’il vous reste à vivre. Aimez. Dieu s’occupera du passé, abandonnez-le Lui, à sa
miséricorde, mais vous : AIMEZ ! » lui répondit-elle.
Cette injonction à me convertir maintenant, Jésus nous la fait entendre à partir
d’évènements concrets de la vie des hommes de son temps : est-ce que les évènements de
ma vie et ceux du monde sont pour moi une invitation à me convertir ?
La parabole du figuier qui suit le récit des deux catastrophes nous fait demander au Seigneur
qu’il prenne patience : « encore une année … » !
Est-ce que je réalise que Dieu est patient et est-ce que je rends grâce pour cela ?
Est-ce que cette patience de Dieu « m’endort » ou me provoque à la conversion ?
Est-ce que je m’engage devant le Seigneur à me convertir avec le secours de sa grâce ?
Au coeur de ce carême, est-ce que j’ai repéré où le Seigneur m’attend pour me donner sa
grâce de conversion ?
Père Patrice Guerre, curé de la paroisse Sainte-Anne des Calades
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