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Edito du 1er mars

A la suite de Jésus …

La première lecture de ce dimanche, qui est là pour éclairer l’évangile, est étonnante.
« Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père et va vers le pays que je te montrerai » (Gn 12,1) dit Dieu à Abraham.
Cela vient éclairer l’Évangile de la Transfiguration … pourquoi ?
Parce que, de fait, Jésus, dans ce tournant de l’évangile de la Transfiguration, quitte sa gloire, « la maison de son père », se dépouille de tout pour descendre de la montagne vers la croix …
Il se met en route, il part vers l’inconnu, dans la confiance en son Père.
Cet éclairage sur l’évangile de la Transfiguration est très profond : car il nous invite à porter davantage notre regard sur Jésus qui se « défait » de sa gloire, qui la laisse de côté que sur sa face illuminée ; nous sommes appelés à suivre Jésus qui avance, qui marche dans la confiance absolue.
Pierre voudrait bien que cela dure et planter là trois tentes. Mais ils ne virent plus que Jésus seul.
Ce silence et ce dépouillement annoncent le mystère de la croix.

Le carême nous met à la suite de Jésus.
Enzo Bianchi écrit : « « Il n’existe pas de vie chrétienne sans vie spirituelle ! Le mandat fondamental que l’Église doit assumer à l’égard de ses fidèles est de les amener à une expérience de Dieu, à une vie en relation avec Dieu. Il est essentiel d’insister sur ces vérités élémentaires. Car nous vivons à une époque où la vie ecclésiale, dominée par l’anxiété pastorale a fait sienne l’idée selon laquelle l’expérience de foi correspondrait à l’engagement dans le monde plutôt qu’à l’accès à une relation personnelle avec Dieu vécue dans un contexte communautaire, fondée sur l’écoute de la Parole de Dieu contenue dans les Écritures, modelée par l’Eucharistie. Cette réduction de l’expérience chrétienne à une morale est la voie la plus directe pour rendre la foi absolument vaine.
La foi nous conduit à faire une expérience réelle de Dieu ; elle nous introduit dans la vie spirituelle qui est la vie guidée par l’Esprit Saint (cf. Ga 5,16).
L’expérience spirituelle est avant tout celle d’être précédé : c’est Dieu qui nous précède, nous cherche, nous appelle, nous prévient. Il est déjà là.L’expérience spirituelle passe nécessairement par le Christ : « Nul ne vient au Père que par moi » (Jn 14,6). C’est-à-dire : l’expérience spirituelle est une expérience filiale. »

Bonne suite de carême, à la suite de Jésus qui dans la confiance marche vers la croix, lieu de la résurrection.

Père Patrice Guerre, curé de Sainte-Anne des Calades
06 80 32 75 74 / p.guerre@lyon.catholique.fr

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