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Edito du 11 octobre 2026

« N’ayons pas peur ! »

Il y a maintenant deux semaine, Léon XIV réunissait 80.000 jeunes autour de lui au stade de France pour un moment d’échanges, de témoignages et de prières, moment privilégié d’allégresse et de paix que nous conservons comme un trésor dans nos mémoires.

Depuis, les lycéens se mobilisent et si une minorité se laisse aller à une violence inacceptable, la grande majorité d’entre eux manifeste une inquiétude réelle vis à vis de son avenir : Ils parlent de classes surchargées, de professeurs non remplacés, d'orientation post-bac pas toujours choisie. Ils ont le sentiment que l'égalité des chances dont on leur parle n'est qu'un élément de langage, et que les adultes, les éducateurs, ne leur ont, peut-être, pas toujours tenu un langage de vérité…

Ne cédons pas à la facilité en opposant trop vite ces deux moments, ces deux jeunesses. Notre jeunesse a soif d’espérance, de grands projets pour lesquels elle peut se donner, elle a soif de sens. Certains l’ont trouvé en suivant Jésus Christ, d’autres tâtonnent et expérimentent au sein d’une mobilisation lycéenne, quelque chose de plus grand qu’eux, pour la première fois…

Alors que faire et que dire ? L'évangile de ce dimanche nous montre un roi qui célèbre les noces de son fils. Il envoie ses serviteurs inviter tous ceux qu'ils trouveront aux croisées des chemins, les mauvais comme les bons.

N’ayons pas peur de cette jeunesse, de ses colères comme de ses enthousiasmes !

N’ayons pas peur, d’aimer, d’aimer encore et toujours, d’aimer envers et contre tout et d’être dans le même temps, en vérité. Proclamons à cette jeunesse, et à tout à chacun, qu’elle est invitée au repas de noces. Que cette invitation est une vraie invitation à laquelle leur liberté est appelée à s’exercer par un oui ou par un non. Que leur présence est vraiment irremplaçable et que chacun est attendu personnellement.

Cela demande de se situer en Vérité, et si nous acceptons l’invitation qui nous est lancée, de revêtir alors le vêtement de noces et de montrer ainsi notre volonté de communion avec ce roi et les autres invités. Les croisées des chemins où le roi envoie ses serviteurs, ce sont aussi nos rues, nos lycées, nos stades. C'est là que l'invitation doit rejoindre chacun, tel qu'il est. À nous d'en être les serviteurs en leur tenant enfin ce langage de vérité qu'ils attendent.

« Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s'embrassent ; la vérité germera de la terre et du ciel se penchera la justice. Le Seigneur donnera ses bienfaits, et notre terre donnera son fruit. La justice marchera devant lui, et ses pas traceront le chemin. » (Ps 84)                              

Laurent CORGIER

Feuille paroissiale